Travail des enfants : un rapport du BIT alarmant

 
Un rapport du Bureau International du Travail paru avant-hier à Genève est passé inaperçu. Il révèle des choses épouvantables : les enquêteurs ont étudié la situation des enfants dans 4 pays (Ghana, Niger, Pérou et Tanzanie) en 2006. Leur rapport est accablant. Il montre que non seulement des centaines de milliers d’enfants travaillent toujours dans des mines mais aussi, ce qui est nouveau, que la plupart sont maintenant des filles. Les enquêteurs ont rencontré beaucoup de jeunes filles, parfois d’à peine 10 ans, exposées à d’innombrables dangers : outils bien trop lourds et trop grands, vibrations, bruit, chutes de pierre, poussières et substances toxiques (mercure…) Et en plus, comme elles assurent aussi la nourriture des mineurs, elles doivent traverser de longues galeries qui parfois s’effondrent après avoir cuisiné. Et des durées du travail insensées : dans les mines de pierres précieuses de Tanzanie, des fillettes de 12 à 17 ans travaillent jusqu’à 70 heures par semaine. Les garçons sont souvent plus âgés et travaillent moins longtemps. On pensait que pour les filles dans ces pays, la principale menace était l’exploitation sexuelle ? Oui mais là, elles cumulent les deux. Au Pérou, les enquêteurs ont trouvé que, en dehors du travail minier, des fillettes de 10 à 12 ans travaillant dans les mines jusqu’à 12 heures par jour, sont aussi employées dans les bars des mineurs et soumises à des abus sexuels des clients ou des employeurs. Dans la zone minière de Minerani en Tanzanie, sur 130 fillettes au travail dans la mine interrogées par les enquêteurs, 85 déclarent être contraintes à une forme ou une autre de prostitution à proximité de l’exploitation minière. Et l’OIT ne fait rien qu’enquêter ? Un peu plus. Avec le peu de moyens dont elle dispose, elle a aidé à mettre en place des moyens plus modernes dans la mine de Santa Filomena (Pérou) et les sites de Komabangou et Mbanga (Niger) qui ont complètement éradiqué le travail des enfants. Mais ce sont des cas très rares; le problème dans son ensemble est immense. 350 millions d’enfants de 5 à 14 ans exercent une activité économique d’un type ou d’un autre. 100 millions font des travaux acceptables pour des jeunes de plus de 15 ans ou des travaux légers tels que les tâches ménagères ou des travaux rentrant dans le cadre de leur éducation. Par contre, 250 millions d’autres sont employés dans les mines, vendus comme esclaves pour rembourser la dette de leurs parents ou travaillent pour leurs parents dans des conditions inacceptables. 250 millions ! Et personne ne fait rien ? Beaucoup de gens y travaillent. Surtout des ONG. Avec très peu de moyens. Il faudrait faire beaucoup plus. D’abord prendre conscience de l’ampleur de l’exploitation sexuelle et économique des enfants pour en faire un grand sujet de préoccupation planétaire. On ne peut pas rêver d’envoyer dès demain matin tous les enfants de moins de 15 ans à l’école, comme cela devrait être le cas dans un monde idéal, mais au moins, il doit être possible de se donner comme premier objectif que, dès demain, pas un seul enfant, et en particulier pas une seule fille de moins de 15 ans, ne travaille dans des activités pénibles ni ne soit l’objet de sévices sexuels. Pour cela, il faudrait refuser l’accès au commerce mondial aux pays qui ne respectent pas ce principe : pas de travail en dessous de 15 ans. Si on ne le fait pas, il sera difficile de se vanter de faire partie d’une humanité.
Mélancholia
Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
dans la même prison, le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las…
 Victor Hugo. 

 

3 Réponses to “Travail des enfants : un rapport du BIT alarmant”

  1.  il faut bien que quelqu\’un paie les yachts  de messieurs les nantis et les diams de leurs épouses ou maîtresses. Ces  gens  auraient froid à leur orgueil, s\’ils ne pouvaient s\’exiber  revêtus de leurs ors, en compagnie de leurs hochets! Leur fortune repose sur un lit de putrescence à odeur de mort, mais de cela ils se moquent, CAR ILS NE SENTENT RIEN? ILS SONT DESHUMANISES ! Mais quand  sera-t-il  donné enfin une conscience aux hommes? Avec  la Modestie  comme règle de conduite, et le sens du partage , que de choses ne pourrait-on pas accomplir !!!… Claude 21

  2. Voilà une saine colère Claude, cela fait plaisir de constater que tout le monde n\’est pas indifférent !
    Merci d\’être passé et d\’avoir laissé une trace de ton humanité, il faudrait beaucoup d\’indignations comme la tienne pour que le monde change. Espérons que la réaction générale ne viendra pas lorsque ce sera trop tard…pour beaucoup d\’enfants c\’est déjà le cas, hélas !
    Amitiés
    Eva

  3. Miiss Marok Says:

    Ch\’trouve sa trooo horrible ts skii z\’osent fairent aux z\’enfants… Sii sa tenait k\’a mwa, ch\’prendraii ts les connards kii les font travailler et j\’leur feraii subiir ts ce ki leur ont faiit… Ms on C ts keu sa n\’arrivera jamis… enfin, je kroii !!

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